Le long de l'avenue Royale, aussi appelée la Route de la Nouvelle-France ou le chemin du Roy, on rencontre de petites constructions de maçonnerie enchâssées au pied du coteau, à proximité de plusieurs maisons ancestrales.

Ces bâtiments servent à l’entreposage des légumes. Ils sont appelés caveaux à légumes. La plupart d'entre eux datent du début du 19e siècle mais certains auraient plus de 300 ans. On raconte que pendant l’hiver 1759-1760, l’un des caveaux aurait servi d’abri à une famille dont la maison avait été incendiée par les troupes anglaises.

Leur origine demeure nébuleuse. Certains chercheurs avancent que cette technique de conservation des aliments serait inspirée des Autochtones qui, pour protéger leur maïs du gel, l’enfouissaient sous terre. Les colons français auraient adapté cette pratique en creusant une cave sous le plancher des maisons. Mais l’espace venant à manquer, un nouveau site est aménagé à l’extérieur, à proximité de la résidence. La technique de conservation d'aliments enfouis sous terre n'est toutefois pas propre au Québec. Elle existe ailleurs.

Des caveaux à légumes ont été construits ailleurs au Québec dans les régions rurales anciennes et semble-t-il, en Acadie française. Mais la concentration et surtout l’architecture typique des caveaux de la Côte-de-Beaupré sont particulièrement remarquables. La présence du coteau tout au long de la route permet aux habitants d'y enfouir facilement leur caveau afin de l’isoler et d'en protéger le contenu du gel l'hiver ou de la chaleur l'été. La proximité de carrières de pierre favorise l’utilisation de ce matériau dans la construction. On dénombre 34 caveaux encore existants (plusieurs ont été détruits, surtout au cours du 20e siècle), s'échelonnant sur 20 kilomètres, de L'Ange-Gardien à Saint-Tite-des-Caps.

Ces caveaux sont de deux types : le caveau à voûte et le caveau à pignon. Le toit des caveaux en voûte est fait en pierre. Ce recouvrement exige l’intervention d’un ouvrier spécialisé compte tenu de la complexité de l’ouvrage. Chaque pierre est taillée afin de réussir l’assemblage à clef. Au cours du 20e siècle, plusieurs voûtes mal en point ont été solidifiées par du béton, faisant ainsi disparaître ce travail remarquable. Quant au caveau à pignon, son toit à deux versants était généralement fait de madriers de cèdre que l’on recouvrait de terre. Nécessitant peu de connaissances techniques, les agriculteurs pouvaient généralement le construire eux-mêmes. Par contre, les pièces de bois nécessitent un entretien régulier à cause de la pourriture. Alors, comme pour les caveaux à voûte, le béton devient une solution répandue pour contrer ce problème.

La SPHCB a entrepris, dès 2001, la restauration de 19 de ces caveaux, avec l'appui financier du Ministère de la culture et des communications (MCC), du Conseil régional de développement et de concertation de la région de Québec (CRCDQ), du Centre local de développement (CLD), des municipalités concernées et de leur propriétaire. Le dernier sur la liste a été terminé au printemps 2005. Plusieurs d'entre eux sont encore utilisés par leur propriétaire.

 Pour mettre en valeur ces caveaux, nous avons installé des panneaux d'interprétation devant deux d'entre eux, au 8706 et au 8851 de l'avenue Royale.

Pour compléter cette mise en valeur, la publication d'un guide touristique, La Côte-de-Beaupré, un parcours patrimonial exceptionnel toujours avec l'appui du MCC et du CLD. Pour terminer le tout, nous avons dans nos cartons la réalisation d'un CD interactif, complément au guide.